Accepter mon sort?

Mardi 15 décembre 2020

La nuit a été meilleure que la précédente.

Après le petit déjeuner, l’infirmière passe pour la distribution des médicaments, pour moi ce sont des antalgiques, une injection sous-cutanée d’anticoagulants et le retrait du redon, un peu douloureux ma fois mais cela ne dure qu’une fraction de seconde.

Même quand je regarde ma longue cicatrice de 30 cm avec au moins une quinzaine d’agrafe accrochées comme des sangsues à ma peau, j’ai du mal à réaliser que cette blessure m’appartient. Je me sens dissociée. Je sais que mon corps s’est modifié mais ma tête le refuse. Je ne pense qu’à reprendre ma vie d’avant tout en sachant que ce ne sera pas possible avant longtemps.

La séance de kiné avec la reprise et l’apprentissage de la marche avec des béquilles me ramène à la réalité. Après, j’essaie de relativiser. Après tout, je suis en vie.

Lors de la visite quotidienne du chirurgien, celui-ci me confirme ma sortie pour demain. Enfin ! Il va me prescrire un arrêt de travail de 3 mois avec une consultation mensuelle.

Ma fracture est grave, il a fallu combler les lacunes avec de l’os de synthèse. Si une pseudarthrose (absence de consolidation après 6 à mois) survient, une autogreffe osseuse (crête iliaque) sera nécessaire. J’espère ne pas en arriver là. Je vais me goinfrer de calcium et de vitamine D pour éviter une autre intervention.

J’ai pu me lever et prendre ma douche tout en prenant d’infimes précautions pour ne pas mouiller mon pansement.

Je dors seule dans mon lit d’hôpital une fois de plus.

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