Bilan

Vendredi  28 mai 2021
Fin de la 12ème et dernière séance de rééducation.
Si j’en suis satisfaite ? Oui et non.
Oui parce qu’au détour de mon accident, j’ai découvert le monde du handicap et de ses difficultés.  J’ai appris la redécouverte de mon corps blessé, de ceux encore plus meurtris que le mien, la relativité et la patience .
J’ai fait la connaissance de kinésithérapeutes, rééducateurs , médecin, infirmières et personnels d’accueil tout à fait compétents, empathiques et sympathiques. Des professionnels qui ont su adapter les séances en fonction du ressenti et des douleurs morales ou physiques du moment.
Les 8h par semaine passées au centre m’ont paru très courtes et je m’y suis toujours rendue avec un grand enthousiasme.
Et non, parce que le temps était compté et je savais qu’il ne suffira pas à panser mes blessures. Je ne suis pas encore rétablie et la rééducation devra se poursuivre au-delà de la première année.
Éternelle insatisfaite,  désirant la perfection,  l’état actuel dans lequel je me retrouve 5 mois et demi après mon accident ne me convient absolument pas.

En randonnée avec des bâtons


Certes, je peux dorénavant me déplacer seule mais je boite encore et les trajets longs à pieds me sont un peu douloureux. Je peux pédaler mais trottiner demeure un rêve pour l’instant.
De quoi je me plains ?
Je me cache pour pleurer.
Peut-être ne pourrai plus jamais courir comme l’a annoncé lors de notre dernière consultation le chirurgien orthopédique . Je me plais à dire que c’était juste une réflexion ironique de sa part afin de me freiner dans mes élans et sans doute pour éviter que je ne m’emballe trop. Mais au cours de ces dernières semaines,  je commence à comprendre que probablement je ne serai plus jamais comme avant et cela me terrifie.
C’est le printemps et le déconfinement
Comme je le redoutais,  je croise de plus en plus de coureurs qui parcourent la ville. Je les envie et je les déteste. 
J’ai aussi , heureusement, des moments où rien ne me résiste. 
J’ai un objectif en tête et je sais que peux y arriver.
Patagonia Run. Programmée en 2020. Reportée en 2021 à cause de mon accident. 
2022 sera ma renaissance.
Même si j’arrive la dernière de la course. Je ne renonce pas si facilement.
Je pleure facilement mais une fois mes larmes séchées, je sais aussi me battre même si c’est contre moi-même.
La semaine prochaine débute une autre aventure avec mon kiné en ville.
Rien n’est perdu.  Rien n’est joué.

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