Électrostimulation

Dimanche 31 janvier 2021

Comme tous les matins depuis ma sortie de l’hôpital, le rituel consiste à me piquer en pinçant mon bout de gras ventral tout en prenant garde d’injecter dans une région différente à chaque fois. Si pratiquer sur ma personne ne me pose aucun problème, cet acte devient de plus en plus douloureux et il m’est difficile de trouver un endroit non meurtri.

Après mon premier rendez-vous avec le kiné qui m’a montré quelques exercices à faire à domicile, j’ai commandé directement un appareil d’électrostimulation pour avancer, travailler et réveiller mes muscles.

Un mois et demi après mon accident, je n’arrive toujours pas à réaliser ce qui m’est réellement arrivé. Je me trouve actuellement dans la phase de déni. Parfois, je me rassure en me disant que j’ai eu de la chance de n’avoir pas été plus gravement blessée mais d’autres fois, j’invoque le mauvais destin qui m’a fait croiser sur une route déserte, en pleine campagne, une voiture qui m’a fauché. Si bêtement. En plein envol.

Aucune larme ne jaillit quand j’évoque ce douloureux souvenir. Je balaie d’un revers de main toute discussion sur ce sujet.

Je cherche à me concentrer sur ce que sera mon nouvel objectif: marcher.

Je m’émerveille de mes progrès en béquilles. J’utilise de moins en moins le fauteuil roulant auquel j’ai retiré ce jour les repose-pieds.

Néanmoins, une question me taraude: aurai-je les jambes de la même longueur ou devrai-je porter des semelles? Lors de l’intervention, je ne suis pas sûre que l’interne qui faisait office d’aide au chirurgien ait tiré suffisamment ma jambe pour que les deux soient de la même longueur. Est-ce une question idiote?

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