Je suis vivante mais…

Vendredi 23 avril 2021 – Fin de la 7ème semaine de rééducation.
Ma semaine a été compliquée.
Je me suis décidée à reprendre activement la marche à pied  en me rendant comme auparavant  de mon domicile à mon travail  matin et soir. J’ai tenté de le faire la semaine dernière mais j’ai dû rebrousser chemin au bout de 200 mètres. Était-ce la douleur,  la fatigue ou juste l’appréhension?
J’ai récidivé lundi puis mardi.
Cette fois ci en marche nordique.  Je me sentie soutenue, rassurée mais j’ai commencé à ressentir des douleurs au niveau du genou que je n’avais pas même après l’intervention. 


J’ai eu peur. Qu’il se casse, qu’il se torde. Je me doute que j’ai souvent des attitudes extrémistes et  jusqu’au-boutiste .
Seul l’accident m’aura arrêté dans ma course à  faire toujours et toujours plus. Pour m’impressionner moi-même.  Pour connaître mes limites. Je suis curieuse de connaitre les réactions de mon corps que j’aime malmener, bousculer, pousser dans ses retranchements. 
Je regarde cette foutue jambe gauche qui n’a pas su se protéger. Elle mérite de souffrir.  Et je prends un malin plaisir à  essayer de la comparer à cette magnifique jambe droite restée intacte lors de l’impact.
J’ai des moments d’euphorie et des phases de doute aussi. J’essaie de ne pas le montrer car je n’ai pas le droit de me plaindre.
Avant l’accident,  je savais que je baignais dans un immense bonheur et j’en étais consciente .
Ma vanité,  ma vantardise, mon arrogance, mon insolence, ma trop grande confiance en moi m’ont peut-être précipité devant cette voiture.
Ce sont les faits.
Je me sens quand même chanceuse malgré tout.
Je suis bien entourée et je suis en vie .
Je suis en vie.
Je suis vivante.

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