Lève-toi et marche

Vendredi 26 mars 2021 – Rééducation semaine 3

Depuis mon accident, j’ai à nouveau des réveils nocturnes que je ne peux contrôler alors que j’avais une accalmie d’un an après le décès de mon père en 2018. Comme il est hors de question pour moi de me droguer avec des somnifères, je m’initie à la méditation. Mais comment me concentrer sur ma respiration quand mon esprit s’échappe dans tous les sens. Je suis pour le moment incapable de n’exécuter qu’une seule tâche à la fois.  Quand j’étais étudiante, je révisais avec des écouteurs émettant de la musique, maintenant, j’essaie de m’endormir tout en écoutant des conférences très intéressantes mais soporifiques sur l’homme de Néandertal. Je ne sais pas rester en place. Suis-je hyperactive?

Winback

Si je dois retenir une leçon de cet accident, ce serait de vivre le temps présent et non de penser constamment à demain.

J’ai toujours des objectifs à atteindre, je pense constamment au lendemain et je ne suis pas sûre d’avoir apprécié chaque séance de footing comme il se doit. Je suis en train de le payer.

Trois mois et demi après la collision, et trois semaines après le début de la rééducation active, je vois bien que la récupération de la marche semble un peu plus facile que la flexion du genou qui est très lente. Est-ce la douleur, juste l’appréhension, la raideur des muscles endormis ou peut être réellement des adhérences qui m’empêchent de progresser ?

C’est agaçant même si je sais qu’une solution, chirurgicale certes, est possible. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour éviter cette nouvelle intervention.

Le kiné du centre me dit que j’ai bien progressé mais je ne suis pas satisfaite de moi. Cette semaine, j’ai bien aimé les dix minutes d’elliptique qui m’ont donné la petite sensation de course à pied que j’ai oublié depuis 3 mois.

Ma première heure se déroule au rez de chaussée dans une grande salle où sont alignés quatre divans d’examens. Nous sommes environ 6 à 9 patients pour 4 kinés qui s’occupent de 1 à 3 personnes. Chacun a son programme défini selon sa pathologie et son évolution. Chacun vaque à ses exercices dans son coin.

APA

J’ai été confiée à Tiago qui m’indique les séquences à réaliser. Parfois je travaille seule avec ou sans matériel et d’autres fois il vient masser, manipuler ou « martyriser ». L’ambiance est calme, reposante, studieuse, chacun fait de son mieux et la présence des autres nous stimule dans nos efforts respectifs.

Pour ma part, je reste toujours très concentrée dans mes mouvements car je sais que mes progrès en dépendent.

Ensuite, quelques-uns d’entre nous montent au troisième pour la réadaptation ou APA (Activités Physiques Adaptées), une sorte de grande salle de sport avec 3 divans, 2 espaliers, un couloir de marche, un tapis de course, un vélo elliptique, un rameur, 2 vélos, 1 presse, 1 appareil pour les quadriceps, 2 cages à squat de musculation. Et des ballons, des élastiques, etc. Bref, de quoi retrouver la forme perdue…

Ici, c’est Maxime qui est en charge de me remettre sur pied. Et le travail ne manque pas. Entre la perte de masse musculaire due à l’inactivité prolongée, la conséquence de l’accident et de l’intervention, la peur d’avancer me paralyse et me ralentit.

Que d’obstacles à surmonter!

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