Marathon des Côtes de Blaye (France) le 12 Mai 2018

Jour J – Samedi 12 Mai 2018

Ma tenue de course
Race pack

Le réveil …me réveille.

Cette fois-ci, aucun stress, à part la météo qui me désole, qui nous désole tous. En jetant un coup d’œil à travers la fenêtre, je vois des trombes d’eau se déverser sur le beau tapis rouge que l’équipe a posé tôt le matin. Tandis que nous nous promenions sous un beau soleil hier, les nuages sont bien bas ce matin.

Je les ai entendu dérouler et poser le tapis rouge qui accompagnera les 100 derniers mètres des coureurs. Je me demande comment vais-je me vêtir. Le spectre d’un scénario identique à celui de Florence me traverse l’esprit et me terrifie.
Mais comme je suis plutôt optimiste, je balaie d’un revers de la main cette éventualité.
Mon petit-déjeuner consiste en un pain au lait et un cannelé achetés la veille dans une pâtisserie du centre-ville accompagnés d’un café et d’un thé. Il ne m’en faut pas plus pour me restaurer ce matin.

Emmitouflée dans un sac plastique
En attendant le départ

Je ne sais pas comment je me suis débrouillée mais notre logement réservé sur Airbnb se situe sur le parcours du marathon à 100 mètres du départ et de l’arrivée. Encore mieux qu’à Jersey où l’on pouvait voir le départ des balcons.
Trente minutes avant le départ. Les coureurs convergent vers l’arche. Une ambiance bonne enfant réchauffe l’atmosphère un peu humide en ce dimanche. Beaucoup vont courir en groupe afin de profiter du parcours et de déguster ensemble le bon vin de Blaye.

Au départ

Presque tous les concurrents sont sur la ligne de départ, la moitié est déguisée. Comme certains ont les épaules nues, je décide de ne pas trop m’habiller, d’autant que la pluie semble avoir cessé. Je délaisse mes gants et mon imperméable.

Nous nous élançons tous dans une longue file joyeuse vers la porte Sud de la Citadelle. Des milliers de déguisés papotent et courent en devisant. Des prisonniers, des indiens, des policiers, Jésus et moi, la danse indienne.

Jésus

Hélas, j’ai eu malheureusement tort, car à peine 15 minutes après notre départ, voici que les averses se succèdent, me rappelant qu’une fois de plus, ma chance en météo avait définitivement tourné.

Après avoir commencé à quitter la ville, une pluie fine et glaciale nous accompagne un fois de plus le long du parcours, ce qui nous amputera de nombreux spectateurs.

Parcours et profil du marathon de Blaye 2018

Comme à Florence, mes doigts étaient tellement engourdis qu’il m’était impossible de relacer mes chaussures. J’ai dû faire appel à un spectateur pour qu’il le fasse à ma place.

Comme en novembre, un méchant vent glacial me traverse de part en part et s’engouffre dans mon déguisement, dans mon pantalon bouffant qui s’empêtre dans mes jambes et m’empêche d’avancer correctement. Mon voile rouge de danseuse bollywood s’enroule autour de mon cou et parfois claque dans mon dos.

Bientôt arrivée

Les trois verres de (bon) vin rouge et le ‘tit punch citron ne parviennent pas à me réchauffer. A partir du 30 ème, je décide d’arrêter de boire car je commence à flageoler.
Ce n’est absolument pas le moment de s’arrêter car je sais que je risque l’hypothermie.
Tout au long du parcours, les rares spectateurs qui ont bravé les intempéries nous encouragent chaleureusement. Mon déguisement est bien apprécié.
Comme d’habitude, j’ai eu des éphémères discussions avec quelques coureurs durant le parcours, nous avons échangé quelques brèves de vie. Le temps a ainsi passé.
Durant ces heures de solitude où je me suis parfois retrouvée isolée sur la route, j’ai médité sur mon passé et sur mon présent. Pas un instant je n’ai pensé à m’arrêter. J’ai marché quelquefois mais le froid me remettait sur le droit chemin et je repartais de plus belle.

Médaille

La Citadelle. Il ne me reste que 1km et 195 mètres. Nous contournons par l’Est les remparts. Nous courons sur l’herbe. Enfin, nous sommes au pied du monument. Une fille me précède, elle semble épuisée. Je sais que la délivrance est proche et que mon mari m’attend sur le balcon de notre gîte. Au bout de la rue, je vois mon mari et au loin, l’arche d’arrivée.
J’ai envie de m’arrêter de courir même si l’arrivée est très proche. Quand le speaker annonce deux femmes sur le tapis rouge et que je ne vois personne devant moi…je me remets péniblement à courir sous les encouragements des rares spectateurs abrités sous des parapluies.
Je passe avec soulagement la ligne d’arrivée où le bip de la puce me libère. Je souffle. Le speaker me demande mes impressions sur ce marathon, puis comme je lui dis que j’ai affronté ce jour mon trentième, une journaliste de la région m’aborde et je lui accorde une interview.
Je suis épuisée et frigorifiée, je tremble tellement que j’ai du mal à récupérer ma belle médaille et mon magnum (offert à tous les déguisés).
Je suis heureuse de faire couler de l’eau bien chaude de la douche sur mon corps endolori et fourbu.
Résultats: 04:30:46 soit 9,35 km/h soit 6:25/km – 202/629 inscrits dont 14 abandons, 6/46 V2F, 35/144 femmes.

Après une petite pause au studio, nous nous rendons au restaurant à pied. “Le Gavroche” est un restaurant gastronomique bien coté sur TripAdvisor. L’accueil est chaleureux et l’ambiance feutrée. L’hôtesse nous oriente rapidement sur le menu découverte avec les plats du jour: Cocotte de noix de Saint Jacques façon crumble, Poitrine de caneton, jus aux cerises, Mon feuilleté fraises, le tout arrosé d’une demi-bouteille de Château La Raz Caman 2009.
Excellent!
Nous repartons, charmés et ravis d’avoir choisi de dîner tranquillement plutôt que d’assister à celui de l’Entrecôte party, sûrement très sympathique mais beaucoup trop envahissante pour les sauvages que nous sommes.
L’endormissement est rapide.

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