Marche ou crève

Vendredi 9 avril 2021
Fin de la 5ème semaine et à mi-parcours de la réadaptation.
Des progrès certes ont été réalisés.  Minuscules  mais réels.  Je réapprends à marcher correctement sans boiter, à poser tout mon poids sur la jambe opérée, à monter et descendre les escaliers marche par marche sans tenir la rampe.
Je commence à prendre confiance en mon corps, à ma capacité à me réintégrer, à réapproprier ma vie. Malgré la lenteur évidente de la progression qui m’agace terriblement , je reste combative.
J’aime quand les exercices se suivent et ne se ressemblent pas.  Parmi tous mes entraînements de marathon, aucun n’était identique à l’autre.  Je n’ai jamais eu temps de m’ennuyer lors de mes sorties. Quand le parcours semblait monotone pour certains, je parvenais à m’évader dans mes pensées. J’ai pioché un peu peu partout sur le web des plans d’entraînements différents pour chaque course que parfois j’adaptais selon mes contraintes d’emploi du temps, de météo et parfois mais rarement de motivation.

Dans ma forêt

Je suis toujours très curieuse de ce qu’on me propose et je suis prête à tout expérimenter .
Les patients qui m’ont vu il y a trois mois sont contents de me revoir sans ma chaise roulante.  Une en particulier m’a avoué être troublée de se rendre compte qu’avoir un professionnel de santé malade la rendait anxieuse  car on peut parfois imaginer son médecin comme un surhomme ou une surfemme et que ce dernier est immortel ou en tout cas plein de savoirs et… de pouvoir.
Sans doute craignent-ils que le professionnel perde ses capacités de travail et de concentration amoindries par le handicap.
Eh! Seule ma jambe est fracassée! Pas ma tête ni mes fonctions intellectuelles.
Néanmoins, il est correct de penser que mon accident a changé mon point de vue sur la vie et ses aléas. Je pense être un peu moins carrée dans mes pensées du moins je l’espère. 

Et une autre m’ a demandé comment je pouvais garder le sourire après cette impossibilité de vivre ma passion de la course à pied avant un bon bout de temps.

Je lui réponds que le sport n’est pas ma vie entière, que je suis capable de me passionner pour tellement de choses.

Et je n’ai pas d’autre choix que d’avancer… ou de crever.

Mais je suis persuadée.. que rien ne vaut la vie quand on a failli la perdre.

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