Prendre son temps

Vendredi 16 avril 2021

Fin de la 6ème semaine de rééducation
La gestion du temps a toujours été une priorité pour moi et la maîtrise de cet élément une obsession. Organiser des rendez-vous, des entraînements, des projets, sa journée, être à l’heure, à la minute, à la seconde.
Être ponctuelle, rythmer sa vie comme une horloge. Mais quand les rouages de celle-ci se grippent, tout est bouleversé, je m’accroche aux seuls repères que je connais. Je ne sais pas faire une seule action à la fois: j’ai peur de perdre mon temps. Je suis capable de réviser tout en écoutant de la musique, de regarder la télé en me lissant les cheveux, de marcher en apprenant l’espagnol. Est-ce vraiment raisonnable?

Reprise de l’entrainement

Prendre mon temps, cela voudrait dire m’arrêter dans ma folle course, au propre comme au figuré. Mon accident était-il un acte manqué? Si j’estime que le hasard n’existe pas, alors la question peut se poser.

Par la force des choses, également à cause de la pandémie, je suis contrainte de ralentir ma vie, mes envies.

Et ma foi, je puis affirmer que cet état ne me déplaît pas. Je me sens presque soulagée de devoir me reposer.

J’ai ainsi débuté la méditation depuis quelques temps. Se concentrer sur son souffle, laisser passer les pensées sans les retenir. Pour le moment, je peux rester concentrée pendant 10 minutes, ensuite, mon esprit s’évade si loin que je ne peux le rattraper.

Ma vie a changé, je le sais. Parfois, je me cache pour ne pas montrer mes larmes. Puis je me reprends aussitôt car il faut Bien évidemment, mon cas n’est pas si dramatique, mais c’est MA vie. Et je ne serai plus jamais la même.

En flexion maximum

Je dois tout réapprendre du coté gauche.
D’ailleurs, la première fois que j’ai re-posé le pied par terre, un frisson a parcouru mon échine. J’avais déjà oublié que j’avais deux jambes.
Heureusement cette semaine, pour la première fois depuis ma rééducation,  j’ai réussi à  pédaler complètement, un tour entier. J’ai été complètement stupéfaite de pouvoir plier mon genou après une heure d’assouplissement avec le kiné. J’ai également parcouru sans encombre 1300m sur le tapis de course en 22 minutes au lieu de mes 13 minutes en temps normal. Je reprends confiance en ma rééducation et en ma résurrection.
Troisième rendez-vous avec le chirurgien depuis l’accident. La fracture est en voie de consolidation qui ne sera complète que dans 2 ans. Au bout desquels le matériel pourra être retiré .
Il m’a hélas confirmé ce qu’il a dit lors de notre dernière entrevue, que je ne pourrai plus jamais courir et que si je persistais quand même,  je souffrirai.  Belle perspective ! 
Seuls le vélo, la natation,  la randonnée sont autorisés et encore avec une attelle que j’achèterai dès lundi.

Toutefois, il dit être satisfait de la progression mais reste extrêmement prudent et réservé quant à mon désir de reprendre la course à pied. 
C’est vrai, j’ai souvent tendance à vouloir contrarier et à exagérer. 

Je ne peux me résoudre à cette extrémité. Je sais que je ne l’écouterai pas.

Mon prochain et dernier marathon est déjà prévu : le 09 avril 2022 en Patagonie.

Je veux terminer ce que j’ai commencer.

Je le ferai.

Je serai sans doute la dernière du classement mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour y arriver.

Je le ferai.

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