Rééducation semaine 1

Vendredi 12 mars 2021

Le premier jour, quand le kiné m’a demandé de raconter mon histoire, je n’ai pas pu m’empêcher de pleurer en me souvenant de ce qui m’était arrivé. Je n’aime pas en parler, je n’en éprouve ni l’envie ni le besoin. Je me rends compte que depuis le début, j’essaie d’occulter ce qui m’est arrivé et que mon silence est un moyen de pouvoir avancer sans entraves.

Puis nous avons entamé les exercices. Avec 3 séries de 15 répétitions la plupart du temps : Swiss ball, bande élastique, etc. , du classique.

Puis il a commencé à plier mon genou, très doucement certes, mais il l’a fait, je n’ai rien dit mais mes larmes que j’ai essayé de cacher sous mon masque ont parlé pour moi. J’ai serré les dents car je sais que le chemin sera long et difficile.

J’ai eu envie de crier, de le supplier de cesser cette torture. Ces minutes semblent durer une éternité, mon corps pour ne pas être douleur essaie de s’évader en effectuant de profondes et lentes respirations. 

A quel moment la douleur n’est-elle plus acceptable ? Est-elle un bon reflet d’une amélioration? Chacun a son seuil de tolérance, mais j’ai souvent eu envie de taper sur la table avec ma main comme au judo lors d’une prise interminable. Mais je me tais car je veux progresser à tout prix. C’est là ce moment que je m’inspire de la technique de méditation.

Depuis environ un an, je voyais déjà que ma vie m’échappait, qu’elle roulait à une telle vitesse que le présent filait déjà vers le passé et que seul mon avenir m’importait. La peur d’oublier ce que je vivais occultait l’appréciation du moment présent.

Ici et maintenant, rester concentrée sur le présent. Ne pas (trop) anticiper sur le futur qui de toute façon arrive toujours très rapidement.

Inspiration profonde par le nez, expiration lente par la bouche.

Plus qu’une béquille

Mon esprit s’évade déjà. Inspiration, expiration. Reste concentrée pour ne pas me laisser envahir par la douleur. «Tout va bien , madame?». Oui bien sûr, c’est parfait, mon genou est en train d’être supplicié, j’ai juste envie de m’enfuir. Mais oui, tout va bien. Même quand les progrès escomptés ne sont pas à la hauteur de mes espérances. Je maudis ce corps qui ne m’écoute pas, je contracte à la demande du kiné mon genou, j’obéis mais je ne ressens aucune sensation. Quand l’exercice se termine, je récupère mais j’ai l’étrange envie de tout recommencer car j’ai l’impression de vouloir et pouvoir encore avoir une autre chance de faire mieux. Du pure masochisme. Je recherche et je redoute ce moment-là.

Je sais que j’exagère et que d’autres souffrent beaucoup plus et plus longtemps que moi. 

Quand je regarde autour de moi, les autres patients ne sont pas forcément mieux lotis. 

J’ai eu également droit aux ventouses. Ah, parlons – en! Ma grand-mère les utilisait déjà pour ses lombalgies. Je l’aidais à les poser puis à les décoller. Ce sont des sortes de pots de yaourts que l’on fait adhérer sur la peau en y créant du vide.

Maintenant, c’est mon tour. Elles vont permettent de décoller les adhérences des cicatrice de la peau, et peut-être de détendre mes muscles endoloris. La méthode est ancestrale mais les matériaux ont changé.

Demain, cela fera trois mois déjà…

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