Six mois après

Vendredi 11 juin 2021
5ème rendez-vous avec mon chirurgien.  J’appréhende ce moment à presque 6 mois de mon accident. 
Certes, j’ai progressé : je ne me déplace plus en chaise roulante, je n’utilise plus les béquilles. Je commence à marcher sans bâton sur 50% de mon trajet, mais je n’ai pas encore récupéré ma force musculaire malgré toutes les séances quotidiennes de renforcement du bas du corps.
J’ai parfois des moments d’abattement, de résignation.
Puis je me ressaisis et j’emploie toute mon énergie afin de retrouver toutes mes anciennes bonnes sensations.
La demi-journée du vendredi est consacrée à la consultation du spécialiste. Je débute par la séance de radiographie.  Prise de ticket à l’accueil. Attente pour les papiers administratifs  puis pour passer l’examen puis pour récupérer les clichés. 

Puis récupération d’un autre ticket pour la consultation proprement dite en scannant ma fiche d’identification.  La salle est remplie de patients qui défilent au gré des affichages des numéros qui s’affichent sur les nombreux écrans suspendus.
« Patients » est bien notre nom.
En attendant mon tour,  je regarde ma radio et j’ai peur de ce que va me dire le chirurgien.  J’essaie de ne pas trop y penser.
X039. Je me lève et me dirige vers le box indiqué.
Le chirurgien a l’air satisfait.  Pas moi. La fracture a bien consolidé  mais la flexion de mon genou à ce stade, risque de ne plus évoluer.  Pour une personne lambda,  90 degrés sont suffisants pour les activités de tous les jours. Je comprends maintenant pourquoi  les dernières fois il disait que pour moi la course à pied n’était plus envisageable. 140° au moins sont nécessaires.
Je sens que je vais défaillir.  Je ne peux pas l’accepter.  Il me reste encore une chance.
Le chirurgien m’avait parlé d’une mobilisation sous anesthésie générale en cas de stagnation.  Je sais que les résultats ne sont pas assurés et que des complications sont possibles. Je lui demande donc son avis et je sens qu’il hésite. Mais il ne refuse pas.

Il est d’accord pour tenter l’expérience avec moi.
Je pense que j’ai lu cette semaine a peu près tous les articles publiés en français sur ce sujet.
Il énumère ensuite tous les risques possibles mais aussi le déroulement de l’examen. 
Je suis prête à tout tenter. Je sais que la douleur postopératoire sera importante et peut contrecarrer la guérison.
Je veux aller jusqu’au bout. Pour ne rien regretter.  Les séances de kiné sont déjà une torture alors quitte à souffrir, autant endurer tout d’un coup.  S’il y a une chance même minime de retrouver ma vie d’avant,  je veux la saisir. 
A 6 mois de la réduction,  le risque que les adhérences soient très difficiles à décoller est immense.  Mais il fallait attendre une bonne consolidation avant de pratiquer un geste pas si anodin.
Nous convenons d’une intervention dans 10 jours. Je ne sais pas ce qu’il adviendra ensuite.
J’attends ce jour avec impatience.  Et je poursuis avec assiduité ma musculation.
Je ne serai plus jamais comme avant.
Je serai encore plus forte.

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